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Chez OpenIO, l’algorithme fait aussi la cuisine : découvrez la recette de l’OpenÏOli

Sors tes couverts

Un développeur bien nourri, c’est la garantie d’un code de qualité. Pour cette raison, la gastronomie tient une place importante dans la culture d’entreprise d’OpenIO, dont l’équipe s’attable jusqu’à 5 fois par jour. Lors de ces repas, les collaborateurs goûtent les petits plats confectionnés par un chef un peu particulier. Il s’agit d’un robot de cuisine grand public, auquel les ingénieurs R&D ont apporté leur grain de sel. « La base est un Thermomix® TM5, dont nous avons overclocké le processeur, rapporte Jean-François Smigielski, CTO d’OpenIO. L’idée était d’embarquer une intelligence artificielle, capable de créer des recettes inédites à partir d’un corpus de recettes existantes. Et quand le repas est prêt, nous sommes notifiés sur Slack. On ne vise pas le prix Turing, mais avouez que c’est pas chicon ! » Plus précisément, il s’agit d’un algorithme de machine learning qui travaille à partir de données récoltées en crawlant des sites tels que Marmiton.org ou cuisineAZ.com, pour produire de nouvelles associations d’ingrédients en fonction d’affinités statistiques calculées selon la méthode de la régression linéaire.

OpenIOli

Le goût du risque

Le métier premier d’OpenIO, qui développe une puissante solution d’object storage, confère un avantage indéniable au projet : le corpus à disposition est aujourd’hui riche de plusieurs millions de recettes, issues de différentes régions du monde, permettant des associations de saveurs audacieuses et quasi infinies. Avant d’en arriver là, il a toutefois fallu procéder à quelques ajustements. Kamel, l’un des ingénieurs impliqués dans le projet, se souvient : « Au départ, l’algorithme travaillait uniquement sur la sémantique. On a beaucoup ri quand le robot nous a mitonné un “suprême de dingue”, à partir de viande de vache folle, ou une “bouille-abaise” après avoir crawlé le site de Tinder par erreur (un sushi technique, reconnait le développeur qui en riz encore). »

« Wok hard, play hard »,
tel est le mantra de l’équipe
à l’origine de ce side project.

Petit appétit, l’algorithme a atteint une forme de sagesse. Il est désormais capable de prendre en compte les régimes spécifiques des convives : « Typiquement, il sait que les fruits de mer et le fromage au lait cru sont proscrits pour les femmes enceintes, comme Alexa », détaille Aymeric, développeur. L’équipe envisage de procéder à un tour de table pour commercialiser cette innovation en France, puis à l’international. « Le gratin des investisseurs est en ébullition, confit Laurent Denel, CEO d’OpenIO. Une levée de fonds (de sauce) pourrait avoir lieu. »  Difficile de donner une date, même à la louche : il faut dire que l’équipe, dont le mantra est « Wok hard, play hard », a souvent une poêle dans la main.

Des recettes sous licence GNU

Le but de ce side project n’est pas tant de faire de l’argent que de faire souffler sur la cuisine d’entreprise un vent nouveau. Et pour le démontrer, l’équipe a décidé de rendre ses recettes open source, à l’instar de l’« openÏOli », un dérivé de la mIOnaise idéal pour accompagner des légumes vapeur. Ou du poisson, bien sûr.